Lettre ouverte à Philosophie Magazine sur la théorie du complot

Cher Philosophie Magazine,

Gandhi sur un billet de banque

À qui va l'argent ?

Dans votre numéro 96 de février 2016, vous publiez une « enquête » concernant « la théorie du complot », avec pour article principal un texte de Philippe Huneman, Philosophe, Directeur de recherche au CNRS, qui avait déjà signé deux textes sur cette thématique en 2013, pour Slate et Mediapart.

J’ai lu avec intérêt son analyse du phénomène conspirationniste. Mais j’avoue ma sensation d’avoir été abandonné au milieu du gué. Fallait-il donner tant de place à une énormité comme les illuminati sans parler des complots réels et de leur élucidation ?

J’espère que, tout comme moi, une majorité des lecteurs de votre revue n’est pas prête à croire qu’une secte séculaire raciste et sataniste dispose d’un contrôle total des destinées humaines et en particulier de tout ce qui peut nous paraître étrange ou détestable. Aussi, après avoir aisément dégonflé cette baudruche, on pouvait espérer que l’auteur, philosophe de la connaissance, nous aide davantage à démêler le vrai du faux car, comme il le dit lui-même dans l’article, « abondent là-bas [aux États-Unis] de vraies conspirations ». Et bien entendu, ce sont celles-ci qui nous intéressent, ici comme là-bas, d’ailleurs. Or, s’il n’est pas sans intérêt de savoir, comme il nous le propose en conclusion, « que répondre à un conspirationniste », il serait certainement aussi très intéressant, par exemple pour tous les enseignants qui vous lisent et qui se préparent à former les jeunes générations sur ces questions, de savoir « discerner un complot vraisemblable » autrement qu’en s’en remettant à la version publiée sur un site gouvernemental.

Car en effet, dans le monde où il nous est donné de vivre, les complots ne manquent pas et l’on a souvent du mal à s’y retrouver. Je vous propose donc un petite tentative dans ce sens, en nous appuyant sur la méthode ébauchée par M. Huneman, le coût de la vraisemblance (épistémique). Prenons quelques thèmes qui pourraient parler à vos lecteurs, voire tout citoyen :

  • toute problématique politique aujourd’hui n’est-elle pas soumise à la question économico-financière « d’où viendra l’argent » ?
  • Toute entreprise économique n’est-elle pas contrainte, pour perdurer, à maintenir son seuil de rentabilité au-dessus de zéro, c’est-à-dire à maintenir ses revenus au-dessus de ses dépenses ?
  • Lorsque les acheteurs sont peu nombreux, toute entreprise économique n’est-elle pas d’autant plus poussée à chercher à gagner des parts de marché contre ses concurrentes, notamment dans les secteurs technologiques où les avancées sont vites dépassées ?
  • Lorsque l’on constate que l’organisation internationale des échanges commerciaux offre par exemple la possibilité à n’importe quelle grosse fortune de spéculer sur les denrées alimentaires fondamentales en toute légalité, n’est-on pas en droit de se demander si la déréglementation universelle est vraiment la meilleure manière de faire avancer l’humanité ?
  • Si « le monde des affaires » est susceptible de manquer à ce point d’humanité et de bon sens sans que cela provoque un sursaut dans les classes dirigeantes, de qui peut-on attendre, dans le cadre d’un doute épistémique raisonnable, une référence pratique de probité et d’éthique ?
  • Aussi, s’il existe des entreprises privées qui font commerce des armes, ne sont-elles pas soumises aux mêmes contraintes économiques que les autres ?
  • De telles entreprises peuvent-elles (raisonnablement) être considérées comme altruistes ou philanthropiques ?
  • Et quels peuvent être les moyens, pour une entreprise de l’armement d’augmenter ses ventes, si elle se refuse par exemple à convaincre les États de s’armer toujours plus « juste au cas où », ou d’envenimer certaines relations internationales ?
  • Et dans ce contexte, que peut-on penser d’une ONU dont l’objectif premier est la paix mondiale mais qui se félicite de faire un nouveau projet sur 15 ans dans lequel pas un mot n’est prononcé en faveur du désarmement (même progressif) ou contre la militarisation croissante et accélérée du monde ?
  • Et alors, que penser du travail d’un universitaire qui assassine les badernes qu’il a lui-même gonflées, mais qui, après plusieurs années de contact avec le milieu conspirationniste se permet encore d’affirmer que le groupe Bilderberg est « un club d’entrepreneurs qui se réunit chaque année et publie un rapport technique et ennuyeux », alors que le même groupe indique clairement sur son site officiel qu’il s’agit de réunions desquelles rien ne filtre, pas un rapport, pas un engagement, pas une déclaration de principe, une opacité totale et qu’un tiers des participants sont issus du monde politique tandis que le reste vient de la finance, du commerce, etc., des USA et d’Europe, alors que c’est bien cette opacité qui leur est systématiquement reprochée dans le milieu étudié, celui des gens qui croient bêtement aux conspirations ?
  • Après tout, dans un monde où la création de la monnaie est passée dans les mains des banques privées et s’éloigne toujours plus des « pouvoirs démocratiques », où les mass media sont rachetés par les magnas de la guerre, où l’on fait des guerres « préventives » ou « humanitaires », où les armes de destruction massive ne sont pas où « l’on croyait », où les institutions de l’Union européenne souffrent d’un malheureux « déficit démocratique », où les « pays développés » entrent les uns après les autres en « guerre perpétuelle contre le terrorisme », où les dépenses mondiales annuelles de « la Défense » dépassent les 1500 milliards d’euros, dont la moitié environ par les USA et l’Europe, où les « terroristes » ne visent plus les puissants mais leurs peuples déjà dépossédés de tout pouvoir d’infléchir les « politiques nationales », où « le choc des civilisations » arrive à point nommé pour rafraîchir les élans patriotiques faiblissants de la jeunesse (déjà trop) mondialisée, franchement qui, n’étant pas atteint de doute hyperbolique mal placé, peut encore s’inquiéter que se rencontrent dans le plus grand secret les décideurs euro-américains des plus grandes fortunes mondiales de l’assurance, de la guerre, des médias et de la politique confondus ?

Apparemment, pas un philosophe de la Sorbonne, n’en déplaise à Kant et à la perspective d’une paix perpétuelle.

Cher Philosophie Magazine, 

Dans votre numéro 96 de février 2016, vous publiez une « enquête » concernant « la théorie du complot », avec pour article principal un texte de Philippe Huneman, Philosophe, Directeur de recherche au CNRS, qui avait déjà signé deux textes sur cette thématique en 2013, pour Slate et Mediapart.

http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/illuminati-un-complot-mondial-a-letat-pur-13798

J’ai lu avec intérêt son analyse du phénomène conspirationniste. Mais j’avoue ma sensation d’avoir été abandonné au milieu du gué. Fallait-il donner tant de place à une énormité comme les illuminati sans parler des complots réels et de leur élucidation ?

J’espère que, tout comme moi, une majorité des lecteurs de votre revue n’est pas prête à croire qu’une secte séculaire raciste et sataniste dispose d’un contrôle total des destinées humaines et en particulier de tout ce qui peut nous paraître étrange ou détestable.
Aussi, après avoir aisément dégonflé cette baudruche, on pouvait espérer que l’auteur, philosophe de la connaissance, nous aide davantage à démêler le vrai du faux car, comme il le dit lui-même dans l’article, « abondent là-bas [aux États-Unis] de vraies conspirations ». Et bien entendu, ce sont celles-ci qui nous intéressent, ici comme là-bas, d’ailleurs. Or, s’il n’est pas sans intérêt de savoir, comme il nous le propose en conclusion, « que répondre à un conspirationniste », il serait certainement aussi très intéressant, par exemple pour tous les enseignants qui vous lisent et qui se préparent à former les jeunes générations sur ces questions, de savoir « discerner un complot vraisemblable » autrement qu’en s’en remettant à la version publiée sur un site gouvernemental.

Car en effet, dans le monde où il nous est donné de vivre, les complots ne manquent pas et l’on a souvent du mal à s’y retrouver. Je vous propose donc un petite tentative dans ce sens, en nous appuyant sur la méthode ébauchée par M. Huneman, le coût de la vraisemblance (épistémique).
Prenons quelques thèmes qui pourraient parler à vos lecteurs, voire tout citoyen :

toute problématique politique aujourd’hui n’est-elle pas soumise à la question économico-financière « d’où viendra l’argent » ?
Toute entreprise économique n’est-elle pas contrainte, pour perdurer, à maintenir son seuil de rentabilité au-dessus de zéro, c’est-à-dire à maintenir ses revenus au-dessus de ses dépenses ?
Lorsque les acheteurs sont peu nombreux, toute entreprise économique n’est-elle pas d’autant plus poussée à chercher à gagner des parts de marché contre ses concurrentes, notamment dans les secteurs technologiques où les avancées sont vites dépassées ?
Lorsque l’on constate que l’organisation internationale des échanges commerciaux offre par exemple la possibilité à n’importe quelle grosse fortune de spéculer sur les denrées alimentaires fondamentales en toute légalité, n’est-on pas en droit de se demander si la déréglementation universelle est vraiment la meilleure manière de faire avancer l’humanité ?
Si « le monde des affaires » est susceptible de manquer à ce point d’humanité et de bon sens sans que cela provoque un sursaut dans les classes dirigeantes, de qui peut-on attendre, dans le cadre d’un doute épistémique raisonnable, une référence pratique de probité et d’éthique ?
Aussi, s’il existe des entreprises privées qui font commerce des armes, ne sont-elles pas soumises aux mêmes contraintes économiques que les autres ?
De telles entreprises peuvent-elles (raisonnablement) être considérées comme altruistes ou philanthropiques ?
Et quels peuvent être les moyens, pour une entreprise de l’armement d’augmenter ses ventes, si elle se refuse par exemple à convaincre les États de s’armer toujours plus « juste au cas où », ou d’envenimer certaines relations internationales ?
Et dans ce contexte, que peut-on penser d’une ONU dont l’objectif premier est la paix mondiale mais qui se félicite de faire un nouveau projet sur 15 ans dans lequel pas un mot n’est prononcé en faveur du désarmement (même progressif) ou contre la militarisation croissante et accélérée du monde ?
Et alors, que penser du travail d’un universitaire qui assassine les badernes qu’il a lui-même gonflées, mais qui, après plusieurs années de contact avec le milieu conspirationniste se permet encore d’affirmer que le groupe Bilderberg est « un club d’entrepreneurs qui se réunit chaque année et publie un rapport technique et ennuyeux », alors que le même groupe indique clairement sur son site officiel www.bilderbergmeetings.org qu’il s’agit de réunions desquelles rien ne filtre, pas un rapport, pas un engagement, pas une déclaration de principe, une opacité totale et qu’un tiers des participants sont issus du monde politique tandis que le reste vient de la finance, du commerce, etc., des USA et d’Europe, et que c’est bien cette opacité qui leur est systématiquement reprochée dans le milieu étudié, celui des gens qui croient bêtement aux conspirations ?
Après tout, dans un monde où la création de la monnaie est passée dans les mains des banques privées et s’éloigne toujours plus des « pouvoirs démocratiques », où les mass media sont rachetés par les magnas de la guerre, où l’on fait des guerres « préventives » ou « humanitaires », où les armes de destruction massive ne sont pas où « l’on croyait », où les institutions de l’Union européenne souffrent d’un malheureux « déficit démocratique », où les « pays développés » entrent les uns après les autres en « guerre perpétuelle contre le terrorisme », où les dépenses mondiales annuelles de « la Défense » dépassent les 1500 milliards d’euros, dont la moitié environ par les USA et l’Europe, où les « terroristes » ne visent plus les puissants mais leurs peuples déjà dépossédés de tout pouvoir d’infléchir les « politiques nationales », où « le choc des civilisations » arrive à point nommé pour rafraîchir les élans patriotiques faiblissants de la jeunesse (déjà trop) mondialisée, franchement qui, n’étant pas atteint de doute hyperbolique mal placé, peut encore s’inquiéter que se rencontrent dans le plus grand secret les décideurs euro-américains des plus grandes fortunes mondiales, de l’assurance, de la guerre, des médias et de la politique confondus ?
Apparemment, pas un philosophe de la Sorbonne, n’en déplaise à Kant et à la perspective d’une paix perpétuelle.Cher Philosophie Magazine, Dans votre numéro 96 de février 2016, vous publiez une « enquête » concernant « la théorie du complot », avec pour article principal un texte de Philippe Huneman, Philosophe, Directeur de recherche au CNRS, qui avait déjà signé deux textes sur cette thématique en 2013, pour Slate et Mediapart. http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/illuminati-un-complot-mondial-a-letat-pur-13798 J’ai lu avec intérêt son analyse du phénomène conspirationniste. Mais j’avoue ma sensation d’avoir été abandonné au milieu du gué. Fallait-il donner tant de place à une énormité comme les illuminati sans parler des complots réels et de leur élucidation ? J’espère que, tout comme moi, une majorité des lecteurs de votre revue n’est pas prête à croire qu’une secte séculaire raciste et sataniste dispose d’un contrôle total des destinées humaines et en particulier de tout ce qui peut nous paraître étrange ou détestable. Aussi, après avoir aisément dégonflé cette baudruche, on pouvait espérer que l’auteur, philosophe de la connaissance, nous aide davantage à démêler le vrai du faux car, comme il le dit lui-même dans l’article, « abondent là-bas [aux États-Unis] de vraies conspirations ». Et bien entendu, ce sont celles-ci qui nous intéressent, ici comme là-bas, d’ailleurs. Or, s’il n’est pas sans intérêt de savoir, comme il nous le propose en conclusion, « que répondre à un conspirationniste », il serait certainement aussi très intéressant, par exemple pour tous les enseignants qui vous lisent et qui se préparent à former les jeunes générations sur ces questions, de savoir « discerner un complot vraisemblable » autrement qu’en s’en remettant à la version publiée sur un site gouvernemental. Car en effet, dans le monde où il nous est donné de vivre, les complots ne manquent pas et l’on a souvent du mal à s’y retrouver. Je vous propose donc un petite tentative dans ce sens, en nous appuyant sur la méthode ébauchée par M. Huneman, le coût de la vraisemblance (épistémique). Prenons quelques thèmes qui pourraient parler à vos lecteurs, voire tout citoyen : toute problématique politique aujourd’hui n’est-elle pas soumise à la question économico-financière « d’où viendra l’argent » ? Toute entreprise économique n’est-elle pas contrainte, pour perdurer, à maintenir son seuil de rentabilité au-dessus de zéro, c’est-à-dire à maintenir ses revenus au-dessus de ses dépenses ? Lorsque les acheteurs sont peu nombreux, toute entreprise économique n’est-elle pas d’autant plus poussée à chercher à gagner des parts de marché contre ses concurrentes, notamment dans les secteurs technologiques où les avancées sont vites dépassées ? Lorsque l’on constate que l’organisation internationale des échanges commerciaux offre par exemple la possibilité à n’importe quelle grosse fortune de spéculer sur les denrées alimentaires fondamentales en toute légalité, n’est-on pas en droit de se demander si la déréglementation universelle est vraiment la meilleure manière de faire avancer l’humanité ? Si « le monde des affaires » est susceptible de manquer à ce point d’humanité et de bon sens sans que cela provoque un sursaut dans les classes dirigeantes, de qui peut-on attendre, dans le cadre d’un doute épistémique raisonnable, une référence pratique de probité et d’éthique ? Aussi, s’il existe des entreprises privées qui font commerce des armes, ne sont-elles pas soumises aux mêmes contraintes économiques que les autres ? De telles entreprises peuvent-elles (raisonnablement) être considérées comme altruistes ou philanthropiques ? Et quels peuvent être les moyens, pour une entreprise de l’armement d’augmenter ses ventes, si elle se refuse par exemple à convaincre les États de s’armer toujours plus « juste au cas où », ou d’envenimer certaines relations internationales ? Et dans ce contexte, que peut-on penser d’une ONU dont l’objectif premier est la paix mondiale mais qui se félicite de faire un nouveau projet sur 15 ans dans lequel pas un mot n’est prononcé en faveur du désarmement (même progressif) ou contre la militarisation croissante et accélérée du monde ? Et alors, que penser du travail d’un universitaire qui assassine les badernes qu’il a lui-même gonflées, mais qui, après plusieurs années de contact avec le milieu conspirationniste se permet encore d’affirmer que le groupe Bilderberg est « un club d’entrepreneurs qui se réunit chaque année et publie un rapport technique et ennuyeux », alors que le même groupe indique clairement sur son site officiel www.bilderbergmeetings.org qu’il s’agit de réunions desquelles rien ne filtre, pas un rapport, pas un engagement, pas une déclaration de principe, une opacité totale et qu’un tiers des participants sont issus du monde politique tandis que le reste vient de la finance, du commerce, etc., des USA et d’Europe, et que c’est bien cette opacité qui leur est systématiquement reprochée dans le milieu étudié, celui des gens qui croient bêtement aux conspirations ? Après tout, dans un monde où la création de la monnaie est passée dans les mains des banques privées et s’éloigne toujours plus des « pouvoirs démocratiques », où les mass media sont rachetés par les magnas de la guerre, où l’on fait des guerres « préventives » ou « humanitaires », où les armes de destruction massive ne sont pas où « l’on croyait », où les institutions de l’Union européenne souffrent d’un malheureux « déficit démocratique », où les « pays développés » entrent les uns après les autres en « guerre perpétuelle contre le terrorisme », où les dépenses mondiales annuelles de « la Défense » dépassent les 1500 milliards d’euros, dont la moitié environ par les USA et l’Europe, où les « terroristes » ne visent plus les puissants mais leurs peuples déjà dépossédés de tout pouvoir d’infléchir les « politiques nationales », où « le choc des civilisations » arrive à point nommé pour rafraîchir les élans patriotiques faiblissants de la jeunesse (déjà trop) mondialisée, franchement qui, n’étant pas atteint de doute hyperbolique mal placé, peut encore s’inquiéter que se rencontrent dans le plus grand secret les décideurs euro-américains des plus grandes fortunes mondiales, de l’assurance, de la guerre, des médias et de la politique confondus ? Apparemment, pas un philosophe de la Sorbonne, n’en déplaise à Kant et à la perspective d’une paix perpétuelle.

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Qui meurt avant de mourrir !!!

LE NON-SENS

Au long des jours, je découvris ce grand paradoxe : ceux qui portèrent l’échec en leur
cœur purent illuminer l’ultime triomphe ; ceux qui s’étaient sentis triomphateurs restèrent sur le chemin tels des végétaux à la vie diffuse et éteinte. Au long des jours, je parvins à la lumière depuis les obscurités les plus épaisses, guidé non par l’enseignement mais par la méditation.

1. Tout ce que je fais, sens et pense ne dépend pas de moi.
2. Je suis changeant et dépends de l’action du milieu. Lorsque je veux changer le
milieu ou mon “moi”, c’est le milieu qui me change. Alors, je cherche la ville
ou la nature, la rédemption sociale ou une nouvelle lutte qui justifie mon
existence…
Dans chacun de ces cas, le milieu m’amène à décider de telle ou
telle attitude. De sorte que mes intérêts et le milieu me laissent tel quel.

3. Je dis alors que peu importe ce ou celui qui décide. Je dis dans ce cas que je dois vivre puisque je suis en situation de vivre. Je dis tout cela, mais rien ne le justifie.
Je peux me décider, hésiter ou en rester là.

De toute façon, une chose est meilleure qu’une autre, provisoirement, mais il n’est pas de “meilleur” ni de “pire” en définitive.

4. Si quelqu’un me dit que celui qui ne mange pas meurt, je lui répondrai qu’il en est ainsi, en effet, et que, aiguillonné par ses besoins, il est obligé de manger ; mais je n’ajouterai pas que sa lutte pour manger justifie son existence. Je ne dirai pas non plus que cela soit mauvais. Je dirai simplement qu’il s’agit là d’un fait individuellement ou collectivement nécessaire pour la subsistance, mais dépourvu de sens à l’instant où
l’on perd la dernière bataille.

5. Je dirai, en outre, que je suis solidaire de la lutte du pauvre, de l’exploité et du
persécuté. Je dirai que je me sens “réalisé” à travers une telle identification,
mais je comprendrai que je ne justifie rien.

« Alors, au final, la bête fut vaincue et les infidèles se réjouirent. Mais tout n’était pas perdu, car des cendres s’éleva un majestueux oiseau. L’oiseau scruta les infidèles et lança sur eux le feu et le tonnerre. Dès lors que la bête fut réincarnée et sa puissance renouvelée, les disciples de Mammon se tapirent dans l’horreur.:d’après Le Livre de Mozilla, 7:15 »

Reste indifférent à l’illusion du paysage.
L’argent, le sexe & le prestige, s’ils ne sont pas possédés par tes actions valables, alors c’est ceux-là mêmes qui te posséderont.

Tu peux transformer le non-sens en sens. Ce que tu fais de ta vie n’est pas indifférent.
Ta vie, soumise à des lois, a devant elle à des possibilités de choix.

Si tu poursuis le plaisir, tu t’enchaînes à la souffrance. Mais, tant que tu ne nuis
pas à ta santé, jouis sans inhibition quand l’opportunité s’en présente.

Tous ensemble pour sortir de l’emprise de Mammon !

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